L'histoire du Beausset

Retour à la page d'accueil | Accueil
Contacter l'auteur du site | Contact
Visitez ce lien | Sources

La saint Eloi au Beausset

beausset-saint-eloi

A len que ven et se sian pas mai seguen pas men !
A l'an prochain si nous ne sommes pas plus,
ne soyons pas moins !

La fête de saint Eloi apparaît dans les archives dès le début du XVIIe siècle, mais il est fort probable que cette tradition serait bien plus ancienne.

Saint Eloi (588-660) servait en qualité de ministre auprès du Roi Dagobert, comme l'indique la célèbre chanson, mais il fût également évêque de Noyon.

Eloi est le patron des ouvriers maniant le marteau : maréchaux-ferrants, orfèvres, charretiers et laboureurs ; mais aussi le protecteur des chevaux et autres mulets. Bien que la plupart de ces métiers aient disparu, cette fête demeure la plus populaire du village durant laquelle hommes, femmes, enfants et chevaux se parent de leurs plus beaux atours pour défiler fièrement à travers les rues du village et obtenir du curé une grande bénédiction, ceci 48 heures durant.

saint eloi du beausset


Comme il est célébré au début de l'été, (aujourd'hui le premier dimanche du mois de juillet) cet évènement a pu grâce à son caractère folklorique séduire toute une population estivale.

 

 

La fête de saint Eloi débute le samedi après-midi. Les membres du Corps de saint Eloi (Confrérie regroupée en association sous la loi 1901) se rendent jusqu'à l'église pour y trouver le curé ; ce dernier prend ensuite la tête de la file pour se rendre jusqu'au reposoir.

Le reposoir expose une statuette du saint Eloi autour d'une décoration drapée et fleurie d'oeillets rouges, blancs et roses. C'est le lieu de recueillement de chacun pendant ces deux jours.

C'est donc devant ce reposoir que le curé du Beausset va bénir les "poumpo à l'oll" (pompettes à l'huile d'olive) puis prononcer une homélie, qui sera suivi d'un apéritif offert ceci durant la vente des pompes à la population.

Plus tard dans la soirée, aura lieu un bal orchestré sur la place de l'hôtel de ville.

Le lendemain matin les festivités débutent par de joyeuses aubades, puis le corps de saint Eloi se rassemble aux environs de 9h00 en bas de la bourgade (au commencement du boulevard Chanzy).

 

saint eloi du beausset


Le cortège est mené par le porteur du drapeau de la confrérie à l'effigie de saint Eloi, suivi de près par le capitaine et le lieutenant avec leurs sabres ; s'ensuivent les hallebardiers, le porteur de gaillardet (il s'agit d'une perche montée d'un cerveau sur lequel sont accrochées des ''joio'' joies, des harnachements : fouets, mors et autres oeillères des chevaux) ;
Puis les tambourins, les cavaliers, les danseurs folkloriques, les femmes et les enfants ainsi que les calèches des doyens transportant aussi les plus jeunes enfants, et bien entendu ... le fameux attelage transportant le buste de saint Eloi.
Le buste doré du saint Eloi est surmonté d'un énorme fer à cheval et décoré de feuillage, de cocardes vertes et blanches ainsi que de lavande et d'oeillets fraîchement coupés.
Les hommes sont vêtus de blanc et noir, certain portent le chapeau haut de forme, certain sont ceinturés d'une grande écharpe en soie rouge.
Les chevaux sont drapés de couvertures aux crochets sur lesquelles sont accrochées des cocardes vertes et blanches, qui autrefois étaient d'ailleurs vertes et jaunes.

saint eloi du beausset


Tout ce petit monde se rend dans un joyeux chahut entre musique, danse et coup de fusils, à l'église ou le curé les attend pour la grande messe.

saint eloi du beausset

Après la messe, le cortège reprend à travers les rues principales entourant l'hôtel de ville, sous le regard ébahi des spectateurs.

On dit d'ailleurs en provençal : ''san Aloï faï marcha lei goi'' (Saint Eloi fait marcher les boiteux), car il est vrai que cette fête de bénédiction est aussi l'occasion d'un grand défilé à travers les rues du Beausset, mais aussi et surtout de faire la fameuse cavalcade.

En effet, la cavalcade reste l'évènement le plus attendu de cette fête : les cavaliers vont donc passer tour à tour et à vive allure devant le parvis de l'église pour recevoir l'ultime bénédiction du curé.

Autrefois cette fameuse course avait lieu dans le lit de la Reppe près de sainte Anne d'Evenos.





L'apéritif d'honneur est ensuite donné, près de la fontaine et le pastis gracieusement offert par la société Paul Ricard depuis plus d'un quart de siècle.

Puis, les agapes ont lieu à l'ancien patronage.

Un "énorme aïoli" viendra à bout des appétits les plus féroces.

A la fin du repas, les objets du gaillardet sont mis aux enchères.

Et c'est sous la chaleur écrasante de juillet que danseurs et danseuses folkloriques auront encore le courage d'offrir un merveilleux spectacle aux curieux atablés aux cafés de la place ; alors même que d'autres vont faire durer la sieste pour être fins prêts à affronter avec énergie et enthousiasme le bal de clôture de cette fête unique, que les Beaussétans peuvent être fiers de perpétrer au fil des ans et dans le respect des traditions et de leur attachement à leur saint patron.

Et comme chaque année le Président du Corps de saint Eloi prononce cette phrase comme pour confirmer le caractère immuable de cette fête :

A len que ven et se sian pas mai seguen pas men !
A l'an prochain si nous ne sommes pas plus,
ne soyons pas moins !