MON PARADIS
C'est ici que je vis, au dessus du village, au dessus des nuages, sur une colline sacrée recouverte de pins et de chênes séculaires, qui, superbes, résistent à la fureur du mistral, entre sol calcaire et terre argileuse.
Depuis le belvédère ou se hisse une chapelle romane du XII ème siècle, ma colline offre un panorama époustouflant du haut de ses 400 mètres d'altitude : la vue est circulaire, et totalement imprenable.
Ce lieu magique est gardé par une vierge d'or sur champ d'azur, les pieds sur un croissant d'argent, la tête dans les étoiles.
En bas, le village s'étend en croix, avec en son centre, notre église.
Au sud, la mer d'un bleu profond dessine par son golfe, ce que l'on nomme poétiquement : le bec de l'aigle.
Au nord, la chaîne montagneuse de la Sainte Baume, domine à nouveau cette immense plaine, de loin... cette fois.
En toutes saisons, c'est le vert qui règne ici, associé à l'argent des rameaux des oliveraies.
Mais au printemps, et comme sa divine gardienne, ma colline se couvre d'or, envahie par les genêts. ... Et puis, dès la fin des vendanges, c'est tout le vignoble qui s'empourpre et offre alors le spectacle ahurissant de toutes les couleurs de l'automne.
J'aime le parfum enivrant de la lavande, j'aime l'odeur du romarin que je fais glisser lentement dans mes mains pour en humer ensuite mes paumes et en garder l'effluve longtemps encore.
J'aime, même si je m'en défends comme chacun ici, le sifflement du mistral.
Ce vent magistral qui mélange ses origines entre terre et mer et qui vient frapper sans scrupule le silence de ma colline dans une rage effrayante. I
l existe aussi juste pour me rappeler, que la sérénité qui règne ici, c'est à son absence seule que je la dois.
J'aime cet endroit, tout simplement parce que c'est là que je suis née et parce que la nature déploie toute l'insolence de sa beauté comme nulle part ailleurs.
C'est la Provence dans toute sa splendeur, ma Provence, depuis mes hauteurs. Mon paradis !
Lorsque je rentre chez moi au lieu-dit ''cambeiron'' qui signifie ''champ de pierres''' en Romain, je m'arrête souvent l'espace d'un instant pour savourer du regard cet endroit magique et m'émerveiller encore et toujours de la chance que j'ai de vivre là, tout là haut... si près des étoiles.
L'Olivier
Tu es là depuis les temps séculaires
A compter avec sérénité les millénaires
Avec amour, tenacité et combien de sagesse
Tu as su garder cette éternelle jeunesse
L'été à la cigale, tu prêtes ton tronc rugueux
Pour chanter les grands, pour chanter les gueux
L'hiver tu laisses faire le merle moqueur
Se gaver de ton fruit et chanter son bonheur
Au vent dans un bruissement de mer enchantée
Tu offres ta vague de poisson argentés
Et à l'homme dans une même communion
Tu racontes l'histoire de ses générations
Symbole de Paix et l'Espérance
Tu es le chantre de ma Provence
Au bout de ta restanque, Comment pourrai-je t'oublier
Tu es moi,
Tu es toi
Tu es l'Olivier
Marcel Dalmas 1983
Merci à Monsieur Dalmas de m'avoir gentiment autorisé
à la publication de son poème sur ce site.


